Petits jeux entre freelances

28 mai 2009

Convivialité et visibilité : les freelances ouvrent leurs blogs à la voix de leurs pairs pour mieux tisser leur réseau et échanger des informations dans un esprit bon enfant. Le blog du freelance propose aux collègues de vider leur sac ; ma voisine millionnaire lance un sondage identifiant l’activité de ses lecteurs ; njatb invite les uns et les autres à publier une photo de leur bureau. Passez donc vous y promener et participer.

J’ai décidé de briguer le titre dans la catégorie crados-chaotique. Étant dépourvue d’appareil ad hoc, j’ai songé à imiter Binet jusqu’à ce que je soudoie mon amoureux, ancien plasticien devenu comédien (cherchez pas à comprendre). Voici son interprétation de mon espace de travail…

Ce n'est qu'à peine exagéré.

Luxe, calme et volupté*. Cliquez pour agrandir.

[*]

Les représailles s’annoncent terrorifiantes.

A l’occasion, sur d’autres interfaces (Twitter, Facebook, ProZ…), les traducteurs organisent de mini-sondages  ou  des enquêtes, souvent rigolos, parfois informatifs. Excellent moyen de s’attirer des lecteurs, de puiser des idées et de tisser des liens entre pros ! Du reste, maints articles inscrivent les activités de blog dans la stratégie commerciale, qu’il s’agisse de Presse-citron, de Translation Times ou encore des centaines de milliers de résultats gougueule (allez, un au pif) autour du thème : les entreprises ont besoin de publier leur blog.

Edit 31 mai : résultats du concours sur njatb.

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Freelances : le blog, votre site de rencontres

25 avril 2009

Le blog anglophone Translation times présente un billet de Susan Johnston intitulé « 5 ways a blog can boost your freelance business ». J’en propose ci-dessous une traduction de mon cru, avec bien entendu la permission du site sus-mentionné ainsi que de l’auteur. Je vous renvoie également à son blog perso, pivot de cet article : clic !

***

Le blog pour améliorer ses activités freelance : 5 avantages-clés

A l’heure actuelle, pratiquement tout un chacun possède un site, excellent moyen de présenter une vitrine de ses réussites professionnelles et de ses compétences. Cependant, je conseille à ceux qui souhaitent sortir du lot d’ouvrir un blog. Voici en cinq points les avantages à en attendre pour les indépendants :

  1. Tisser des liens avec d’autres professionnels dans votre branche. Via mon blog, j’ai « rencontré » maints écrivains et autres freelances par affinités intellectuelles. Certains m’ont indiqué des astuces pour soigner ma stratégie commerciale, d’autres m’ont aiguillée vers de nouveaux projets. Tenir un blog procure dans tous les cas le sentiment d’appartenir à une communauté virtuelle : tout indépendant à domicile en a besoin pour surmonter l’isolement social ou la frustration occasionnelle à cause de clients difficiles.
  2. Gagner en crédibilité. Il y a plusieurs mois, j’ai contacté un éditeur afin de lui proposer mes services ; en réponse, elle a affirmé qu’elle connaissait déjà mes travaux via la lecture de mon blog. Inattendu n’est-ce pas ? Bien d’autres indépendants voient leur blog contribuer à les placer en situation de référence dans leur champ d’expertise, ce qui constitue une passerelle vers des clients voire des demandes d’interviews de la part des médias.
  3. Améliorer votre visibilité sur la Toile. Je ne suis qu’une Susan Johnston parmi le million d’homonymes sur Terre. Mais depuis que mon blog fait l’objet de mises à jour régulières et de nombreux liens entrants, il se trouve en deuxième position dans les résultats de recherches organiques par Google (mon site internet arrive en premier). Lorsque vos clients entreprennent une recherche sur votre nom – démarche fréquente – vous avez intérêt à les voir trouver les articles pertinents vous présentant comme le pro incontournable que vous êtes, et non une foule d’anciennes études que vous avez rédigées à la fac ni des photos issues de votre bulletin communautaire. Votre blog vous permet de vous assurer que c’est bien vous qui contrôlez votre image sur internet.
  4. Peaufiner vos compétences. A l’évidence, un blog permet d’exercer ses talents d’écriture. Toutefois, les bons blogueurs sont également d’astucieux chefs de projet, compétence utile à tout indépendant confronté à des échéances ou aux corrections collectives. Au fil de votre blog, vous apprendrez probablement à éditer et redimensionner des images, enregistrer un podcast ou encore manipuler le HTML de base. Imaginez qu’un jour un client demande :  « formidable, mais pourriez-vous ajouter X  ? ». Eh bien, désormais, vous le pourrez. Et comme de juste, vous pourrez facturer cette prestation supplémentaire.
  5. Révéler vos facettes humaines. Si votre site et votre profil LinkedIn présentent le volet professionnel de votre parcours, le blog vous offre l’opportunité de vous relâcher et d’exprimer votre personnalité. Il va de soi que l’abus de détails est proscrit – votre nuit à jouer au poker ou la soirée échevelée à écumer les bars – mais vous avez le loisir de rédiger de manière plus souple : ainsi, vos lecteurs et vos clients potentiels vous découvrent également en tant que personne.

Et vous ? La pratique du blog a-t-elle amélioré votre activité d’indépendant sous d’autres aspects ? Laissez-nous un commentaire pour nous raconter !

***

Note : titre modifié. C’est plus meilleur comme ça.

Les critiques constructives sont terriblement bienvenues, je ne demande qu’à progresser.

Ah, un détail au passage. Saviez-vous que les traducteurs sont assimilés à des auteurs ? Le plagiat, c’est très facile, très vilain et ça peut rapporter gros… à votre victime. Aussi seriez-vous bien aimables, si vous diffusez ce texte, d’en indiquer l’auteur d’origine ainsi que la traducteuse.

Mille grâces.


Odyssée d’une traducteuse au régime – l’entrepreneuriat, volet 2

9 avril 2009

Suite au premier billet dans lequel j’évoquais la responsabilité illimitée de l’entrepreneur individuel et en particulier de l’auto-entrepreneur (ci-après désigné sous le nom « AE »), je vérifie une fois encore l’adage voulant que le bonheur, c’est simple comme un coup de fil. En l’occurrence, je me suis tout bêtement adressée à une étude de notaires.

L’auto-entrepreneuriat étant un sujet neuf et la déclaration d’insaisissabilité (imprononçable, ce truc) assez rare parmi ses adeptes, mon interlocutrice m’a signifié que certaines de mes questions méritaient approfondissement, faute de pratique répandue des actes notariés qui m’intéressent.

Sans surprise, il faut remplir cette formalité avant d’accepter un quelconque contrat dans le cadre de votre entreprise. N’espérez pas d’effet rétroactif si vous exercez deux ou trois mois avant de vous rendre à l’étude, puis que vos créanciers vous entraînent dans le collimateur judiciaire de la responsabilité concernant une prestation durant cette période sans protection.

Concrètement, il vous faudra vous radiner auprès du notaire avec votre titre de propriété immobilière (contrat de vente par exemple). Quant à la douloureuse, ces bonnes gens appliquent un barème national. Le tarif n’est guère censé varier, à 50€ près en cas de paperasse imprévue à commander ou selon l’âge du capitaine. Voici les frais à prévoir :

109,50€ pour les émoluments HT du notaire.

25€ pour la publicité aux hypothèques.

15 € pour le salaire du conservateur aux hypothèques.

125€ pour l’enregistrement de l’acte.

75 à 200 € pour une publicité dans un journal d’annonce légal, puisque l’AE n’est pas immatriculé.

    Estimation du total : environ 370 €.

Si vous êtes un va-nu-pied comme moi et que, par conséquent, vous ne disposez pas d’un local réservé à votre taf, il faudra éventuellement (avant l’acte notarié) dresser un état descriptif de division : votre immeuble hébergeant des activités mixtes, cette procédure distinguera ce qui relève de votre boulot ou au contraire de votre nid douillet. Néanmoins, j’ai précisé à la dame que mon matériel de travail se résume en gros à un ordinateur et des bouquins, et qu’en outre je n’escompte pas recevoir de clients. Aussi n’est-elle pas certaine que la formalité soit nécessaire dans ce cas précis. Elle n’avait pas de réponse sous le coude, car rares sont les AE à réclamer ce type de déclaration auprès de leur notaire. Cette question relève d’un examen sur mesure, au cas par cas.

Pour ceux qui vivent en couple : les gens, y compris l’AE, sont présumés propriétaires de tout ce qui se trouve à leur domicile. En clair, si votre amoureux ou amoureuse ne relève pas d’un régime reconnu par la loi, les petites affaires qu’il ou elle dépose chez vous sont susceptibles d’être saisies, sauf à prouver facture en main que les biens sont à son nom. Pour prémunir votre chéri(e) contre vos incidents de parcours, vous pourriez souscrire un PACS ; en effet, il se conclut par défaut sous la séparation de biens, avec inventaire lors de la signature. Cela dit, il n’en demeure pas moins que votre pacsé(e) ferait mieux de conserver les preuves de son patrimoine.

Enfin, concernant l’EURL, la fiscalité et les paperasses sont à l’évidence plus lourdes et complexes que pour le statut d’AE. Dans le cas des débutants sans le sou, le régime d’AE est clairement préférable, quitte à aviser ensuite si l’activité se développe, ce que je vous souhaite et me souhaite. Pour répondre à la question dans mon billet précédent, il est effectivement possible de créer une EURL, de la mettre en sommeil (en cas de contrat salarié par exemple) sur déclaration au greffe du tribunal de commerce et ce, pour une durée maximale de deux années (durée à confirmer, procédures à examiner). Si l’EURL n’est pas réactivée au terme de ce délai, l’entreprise est alors radiée.

Ruminations en ligne de mire sur les clauses de non-concurrence / d’exclusivité / etc.  Il va de soi qu’un patron m’embauchant en tant que salariée pour traduire des bouquins de cuisine n’exulterait guère de me voir bosser pour son concurrent durant mes heures libres. En revanche, la question mérite négociations et éclaircissements dans le cas où je travaillerais pour des domaines sans aucun rapport avec la gastronomie, disons les huiles de moteur, thème appétissant. Grandioses perspectives de harassement des pros en vue.

Mes remerciements chaleureux à l’étude de notaires dans le XVe arrondissement qui m’a fourni ces précieuses informations.


Odyssée d’une traducteuse au régime – l’entrepreneuriat, volet 1

7 avril 2009

Mon sens aigu de l’aventure m’a inspiré d’aller fouiner sur divers portails pour les auto-entrepreneurs. Bien que je ne croule pas de commandes, un zeste d’anticipation ne saurait nuire. A l’instant d’opter pour ce régime avec ses conséquences fiscales et juridiques, un grain de bon sens m’a soufflé de tourner sept fois l’index sur ma souris avant de valider l’envoi de ma carte d’identité scannée. Bonne nouvelle : mon dossier reste sauvegardé et modifiable pendant 1 mois.

Mes prunelles myopes se sont figées à la lecture de cette présentation laconique sur le site officiel.

Forme juridique : Obligatoirement Entreprise Individuelle (EI) – (pas de capital minimal et responsabilité illimitée de l’exploitant)

Pourquoi diantre bondis-je ? J’incrimine la responsabilité illimitée. Je ne suis visiblement pas seule à en rester perplexe. Pas que mon domicile regorge de Renoir ni de diadèmes, mais tout de même.

Clic pour visualiser l'original

Sous couverture de héros-sans-emploi, Lagaffe entreprit une croisade inavouée : sinistrer le secteur des assurances.

Du moins peut-on protéger son patrimoine immobilier, paraît-il. Soit. Le Net faisant bien les choses, les notaires de France proposent une petite fiche sur le sujet. Néanmoins, je reste sur ma faim : comment, où, combien, ainsi que l’âge du capitaine. J’ai quand même généreusement offert 0.34€ à Paris Notaires Infos pour écouter une voix veloutée m’annoncer au terme d’un spitche  préformaté que le droit des sociétés n’est pas traité sur le serveur. Il reste donc à piocher dans l’annuaire pour lanciner un notaire débonnaire, voire organiser une consultation qui, je le crains, ne sera pas bénévole.

Une note rassurante. Dans le cadre de recherches sur les assurances en responsabilité de l’entreprise, plusieurs pros m’ont affirmé que rares sont les boulettes graves chez les traducteurs qualifiés – du moins dans l’hexagone.  D’autant qu’en termes de RCE, les risques sont faibles : les dangers nous guettent plutôt sur la RC après livraison. Les affaires de traductions erronées aux conséquences catastrophiques (plans de montage ou notice de médicaments) relèvent de l’anecdotique selon ces messieurs assureurs. Nous ne sommes tenus qu’à une obligation de moyens  selon un cahier des charges (dont : compétences) – sauf si quelqu’un commet la bêtise de s’engager sur des résultats… ou ment sur ses qualifications.

Cette parenthèse close, revenons à l’histoire d’entreprise : quelle forme pour mon activité ?

A vrai dire, mes préférences me portent vers le salariat ou du moins le travail en équipe. L’expérience auprès de mes aînés représente une denrée trop précieuse pour vouloir m’en priver. Toutefois, comme dans la vie, on n’a pas toujours ce qu’on veut (), il serait fort malavisé d’écarter la possibilité de l’aventure freelance. « Aventure » car le lot délectable de maints débutants réside dans la précarité dont témoignent les éternelles questions sur le lancement dans les forums spécialisés. Je m’interroge notamment sur les perspectives suivantes : puis-je exercer le métier de traducteur freelance via une EURL (ou EI, SASU, AE…), puis mettre ma société en veilleuse en cas d’emploi salarié, mais sans y renoncer  ? J’envisage le cas où soit le contrat me laisserait des loisirs pour arrondir le beurre de mes épinards, soit le patron me démissionnerait d’un commun accord. Juridiquement, fiscalement, socialement, est-ce possible, pensable, faisable, et comment ?

Une excellente solution se présente pour occuper mes journées : harceler les interlocuteurs de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Etant parigotte, c’est tout naturellement que les clics renvoient vers la CCI locale où les mal dégrossis dans mon genre piochent des informations précieuses, surtout de méthodologie. Fort heureusement, dans son extrême obligeance le site propose un formulaire de contact ainsi qu’un numéro (0,12€/min), avec en bonus un blog fort alléchant.

Autre ressource à exploiter : l’Agence pour la création d’entreprises  bien sûr ! On y trouve des fiches bien troussées, notamment sur le choix du statut. Le site grouille d’infos et de pistes, les sociétés de portage salarial me paraissant un champ d’investigation des plus appétissants. Je regrette cependant le manque de résultats clairs via la page « Qui peut m’aider ? », car un interlocuteur humain me serait fort secourable.

Cette moisson d’informations me semble suffisamment dense pour intéresser mes collègues (ou d’autres professions !) et se molester les canaux carpiens avant d’aller tarauder les interlocuteurs ad hoc. J’en guinche d’allégresse par anticipation.


Client cherche son traducteur charmant : préludes éloquents

4 avril 2009

Je vous adresse mes compliments : si vous lisez ce billet, j’en conclus que vous possédez le bon sens de vous renseigner avant de conclure un partenariat et le bon goût de visiter ce blog fabuleux, parmi les 486.000 résultats Google produits avec « cherche traducteur ».

Quelle perte de temps d’éplucher les missions aux intitulés obscurs ! Les informations floues desservent autant l’offre que la demande. Ni chez les clients, ni chez les indépendants, l’ère des clones interchangeables n’est encore à l’ordre du jour – en matière de traduction du moins.

Il ne fait aucun mystère qu’une annonce limpide promet une réponse plus rapide, mieux ciblée, mieux adaptée aux exigences du texte. Un clin d’œil suffit aux prestataires pour trier les offres en fonction de leur disponibilité, de leurs compétences et de leurs attentes. Cette stratégie recèle un gain de temps et d’efficacité précieux : de quoi démarrer dans la sérénité un partenariat fructueux avec votre traducteur.

Il convient de s'exprimer clairement

La clarté des formulations préside à l'harmonie sociale.

Les chevronnés n’apprendront rien de ce billet. Je propose ci-après aux moins expérimentés quelques suggestions sur l’art de libeller une offre à l’adresse de traducteurs indépendants :

Dans l’intitulé :

– La combinaison recherchée : la langue-source (l’original) et la langue-cible (la langue de traduction). Exemple : Coréen vers Allemand.

– La spécialisation voulue le cas échéant : pharmacie, poésie, aviation…

Il suffira d’un regard aux lecteurs pour savoir s’ils sont concernés : Cherche traducteur Coréen > Allemand – Téléphonie ; ou encore Cherche relecteur Grec > Brésilien – Astronomie. Si votre document ne comporte aucun vocabulaire spécifique, indiquez succinctement le modèle auquel il correspond – voir point 4.

Dans le contenu de l’annonce, songez à formuler ces informations indispensables :

  1. Le nombre de mots à la centaine près. Ex : 12.500 mots. A défaut, le nombre approximatif de pages.

  2. L’échéance pour rendre le travail. Ex : le 30 avril 2050 à 20:00 GMT+1. Oui, en cas d’heure déterminée, le fuseau horaire est nécessaire… les expatriés sont nombreux dans la profession.

  3. Le tarif ou la fourchette de tarif que vous proposez. Ex : tant par mot. Ou : forfait de tant pour l’ensemble. Attention à la devise.

  4. Le support et/ou le format. S’agit-il d’un article de presse ? D’un blog personnel ? D’un site commercial ? D’une chanson ? D’un mode d’emploi ? D’une lettre ?

  5. Les contraintes de livraison. Comment le traducteur recevra-t-il votre commande ? Quels logiciels doit-il posséder et maîtriser ? Comment vous renverra-t-il la commande ? Doit-il disposer d’un fax, d’un accès internet,  d’un matériel précis (scanner…) ou encore d’un logiciel à spécifier ?

  6. La méthode de paiement. Il faut absolument tirer au clair cette question avant de conclure le contrat : paypal et assimilés, chèque, mandat cash, virement… Le nerf de la guerre ne saurait se traiter à la légère.

  7. Vos préférences éventuelles avec leur degré d’importance : maîtrise de tel programme informatique, parcours professionnel, expérience dans tel domaine, compétences accessoires diverses, centres d’intérêt… essentiel, préférable…

  8. N’omettez pas de décliner votre identité, votre région, vos coordonnées… 🙂

Je vous invite enfin à consulter ce billet portant sur les relations entre clientèle et indépendant.

Ces démarches vous semblent-elles fastidieuses ? En vérité, je me dois de vous donner raison. Indubitablement.  J’ose une humble nuance :  je pense que consacrer une heure à se renseigner puis bien construire une annonce destinée à mes collègues préviendra maintes déconfitures, déconvenues et des pas mûres : ping-pong chronophage de questions-réponses entre traducteur et client ; absence de réactions pertinentes à l’offre, voire de réactions tout court ; traduction finale inadaptée aux attentes ; travail de qualité médiocre (ô joie, reprendre les démarches pour dénicher un autre traducteur !) ; malentendus discutablement cocasses concernant la livraison ou le règlement ; présidant à ces réjouissances, une merveilleuse ambiance d’exaspération, parfois réciproque. Suite à ces aventures, le truculent Capitaine Haddock lui-même s’ébrouerait de fierté à la vue de votre… heu… dynamisme mordant.

Clic pour visualiser l'original !

Je ne demande pas mieux qu’améliorer cet article à travers vos contributions publiques ou par mél (transtextuel at gmail point com) !

NB : la courtoisie élémentaire, si vous souhaitez mentionner ce billet, consiste à en indiquer l’auteur, à savoir Transtextuel, ainsi que le lien-source (ici). Mille grâces.


Vouloir-dire et savoir-dire se rencontrent autour d’une galette

27 mars 2009

A force d’arpenter la foultitude des sites évoquant le statut d’indépendant ainsi que ceux offrant des missions pour freelance, y compris du côté des informateux (du genre Scriptlance, avec son Twitter : wahm_job_leads), je finis par constater une demande élevée de rédacteurs  qualifiés pour alimenter des blogs commerciaux, histoire de rameuter le chaland. Foin de bénévolat, il s’agit de véritables contrats :  livraison  d’articles contre rémunération, sous des conditions à examiner au cas par cas. Cette marée de vouloir-dire n’attend que d’emporter sur la vague ceux qui détiennent connaissances, plume  affûtée et temps à revendre.

Fatal disclosure : jaime les lolcats.

Fatal disclosure : j'aime les lolcats.

Ce profil me semble bien coller à celui du traducteur : le cœur du métier, c’est le savoir-dire.

D’une part, maints traducteurs possèdent un bagage sur un domaine spécialisé voire plusieurs. Au gré  des formations et des contrats, on absorbe des connaissances plus ou moins pointues sur les moteurs des pétroliers, les approches en mosaïque, les produits financiers neufs, les mouvements sociaux aux États-Unis (ou que sais-je encore), ce qui développe une certaine sensibilité, un éveil même superficiel envers le thème en question. Il n’y a pas  là matière à s’improviser maître de conférences, mais du moins  chacun nourrit-il ainsi certaines expertises, qui s’allient à merveille aux stratégies pour s’informer. En outre, hors du cadre professionnel, nous sommes aussi des gens normaux (à divers degrés du moins) avec leurs centres d’intérêt propres : sport, activité manuelle, club artistique, loisirs personnels ou associations. Les secteurs ne manquent pas où il fait bon s’investir pour s’aérer l’esprit et s’offrir des instants enrichissants.  Même sans arrière-pensée commerciale quant à ces goûts, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit là d’un patrimoine vivant de connaissances et de linguistique.

D’autre part, la spécialité du métier consiste à comprendre les idées, les organiser, les reformuler, les adapter au lectorat et emballer cette démarche dans le style adéquat pour produire un résultat informatif, clair et agréable.  La technique et l’expérience encadrent une dimension de créativité chez le traducteur (et votre lapalissade, je vous l’assaisonne comment ?). Ce n’est pas pour rien que l’ESIT encourage ses élèves à valoriser leurs connaissances et leur enseigne comment rédiger une synthèse ou un résumé selon divers styles. Se frotter à des domaines variés confère une souplesse de pensée et d’écriture d’autant plus agile qu’on élargit ses champs d’exploration, depuis les articles spécialisés de la presse économique jusqu’aux bavardages entre amoureux du théâtre. On n’anticipe pas toujours les sentiers où mènera une « saine »  (mot à tiroirs) curiosité

Comme la perspective de ce filon me sourit personnellement et qu’elle me semble s’inscrire dans le cadre des compétences du traducteur, je souhaitais partager cette réflexion avec mes collègues lecteurs, voire écouter des expériences, informations, trouvailles ou même, qui sait ? inspirer des initiatives sur ces rencontres fructueuses sur tous les plans entre vouloir-dire et savoir-dire. Vos commentaires sont bienvenus !

Réserve : J’ignore la législation concernant la rédaction de blogs commerciaux en France, d’ailleurs je ne demande pas mieux que la connaître. N’hésitez pas à m’envoyer des pistes.

Edit 4 avril : attention, domaine piégé, réfléchir avant d’accepter un contrat. Lire la polémique.

Edit 8 avril : hop-là, du boulot.


Ouverture de la chasse au job : déployez vos filets

19 mars 2009

La chasse aux contrats est ouverte ! Et à longueur d’année, de surcroît.

L’an passé, l’ANPE locale m’avait renvoyée au centre Boucicaut (123 av. Félix Faure, Xvè ; L-V, de 9 à 17h) car spécialisé dans les métiers des langues. Le dévoué serviteur de notre glorieuse mère patrie n’a pas lésiné sur les paperasses et guides, mais surtout il disposait d’un accès privilégié aux bases de données et ses recherches de missions produisaient davantage de résultats que le site public. Au passage, n’avez-vous jamais eu envie de défenestrer votre machine devant le manque de clarté des intitulés ? Il m’a précisé que 80% des offres d’emploi en traduction s’adressent aux indépendants.

Quelques idées sans prétention à l’originalité ni à l’exhaustivité :

  1. S’inscrire aux sites spécialisés, comme ProZ par exemple : le terrain y est giboyeux. Cela dit, les groupes portant sur votre domaine de prédilection ne sont pas à négliger ! C’est en fréquentant un site de jeux vidéo que j’avais décroché un contrat salarié… et, simultanément, une proposition de mission freelance a atterri dans ma boîte à messages privés.
  2. Consulter des ressources généralistes sur l’emploi : j’avais reçu une offre via mon profil apec et il existe d’autres ressources assimilées ; une amie m’a glissé deux mots sur bobex. J’ai aussi trouvé ce site mais il m’inspire quelques doutes…
  3. Peaufiner sa présence sur internet : LinkedIn, Xing (ou aussi Facebook, Viadeo, MySpace…) et explorer les groupes thématiques où lorgnent les recruteurs à l’affût d’une belle prise – ou les agences en manque de bras.
  4. Cultiver votre réseau réel : autres traducteurs (et les manifestations, organismes, rencontres informelles où ils se retrouvent), anciens collègues, connaissances, relations indirectes…
  5. Adresser des candidatures spontanées par courrier, mél, fax dans les secteurs de votre spécialité ou auprès d’entreprises impliquées dans l’international (tourisme par exemple). Se lancer au culot, parfaitement !
  6. Quelques mots sur le bénévolat en traduction (ou autrement, pourquoi pas ?). Je n’ose le recommander sans y adjoindre une cuillerée de nuances. Si cet exercice permet de s’entretenir les neurones et la plume, de gagner en expérience de terrain et de présenter un travail de qualité sous un angle positif, je pense que nous sommes nombreux à avoir formulé ce constat peu réjouissant : les mentalités des interlocuteurs (y compris institutions, amis, collègues, copains d’un club quelconque) assimilent parfois « serviable » à « corvéable jusqu’au trognon« , à cette chausse-trappe près que dans un cadre humanitaire ou affectif, les fûtés vont jouer sur la corde sensible du traducteur pour lui arracher des prestations franchement exagérées. Certes, le bénévolat recèle maints avantages personnels, humains et professionnels ; néanmoins, ne gâchez pas cette superbe expérience et définissez votre stratégie – dont vos limites…
  7. Dans le petit monde des traducteurs, le bouche à oreille fonctionne du tonnerre : clients indélicats, agences véreuses, collègues médiocres, mais aussi bons plans, occasions de sous-traitance, expériences plaisantes, recommandations officieuses, offres de collaboration plus ou moins durable… Jadis, en flânant sur un forum sans rapport avec mon domaine, un acteur de l’édition qui se promenait dans le coin m’a confié une mission ; actuellement, des relations et des relations de relations me répercutent leurs échos… J’ai parfois entendu des clients m’interroger : « connaissez-vous des collègues qu’une mission similaire intéresserait ? » ou « si vous entendez parler de tel type de traducteur, n’oubliez pas de nous faire signe! ». Cette question fleurit également sur les lèvres de personnes voulant confier une mission à un profil particulier mais qui préfèrent s’en remettre à un tiers de confiance qui saura leur présenter le traducteur adéquat.

Débutants, prenez garde : les clients n’oublient jamais, jamais une mauvaise traduction. Si le morcif est trop coriace pour vos dents de lait, mieux vaut refuser que vous tailler une réputation regrettable.

Bonus :

Surfer pour piquer puis cuisiner à sa sauce de bonnes idées :
Lire absolument ce billet des plus instructifs sur le site nakedtranslations (à dévorer sans modération en général).
Consulter cette discussion sur ProZ.
(et bien d’autres !)

Ces pistes sont toutes à titre indicatif, évidemment. Il n’existe pas de recette miracle. A vous d’adapter votre stratégie selon votre profil, vos envies, vos trouvailles… (ne soyez pas timides, vous avez le droit de faire tourner ces dernières vers transtextuel at gmail point com 😉 )

Enfin, concernant la tentation – bien compréhensible – d’adopter un job ne correspondant pas à votre profil, je me permets de citer une traductrice chevronnée rencontrée il y a bien des années lors d’un stage : « n’acceptez jamais, jamais, jamais de devenir secrétaire, même une seule fois pour boucler votre fin de mois. Ensuite, votre vie durant, on ne vous proposera que des postes similaires et vous aurez toutes les peines à remonter la pente pour retrouver le statut de traductrice. Si vous êtes en galère financière, mieux vaut faire des ménages qu’accepter du secrétariat! ».

Et n’allez pas vous saborder bêtement en laissant vos doigts déraper sur le Net

Remerciements : aux âmes charitables qui ont eu la gentillesse de me refiler leurs liens et à ceux qui écrivent des billets précieux sur l’emploi pour traducteurs.

Ajout : du bon usage de Twitter pour trouver un boulot.