Odyssée d’une traducteuse au régime – l’entrepreneuriat, volet 1

Mon sens aigu de l’aventure m’a inspiré d’aller fouiner sur divers portails pour les auto-entrepreneurs. Bien que je ne croule pas de commandes, un zeste d’anticipation ne saurait nuire. A l’instant d’opter pour ce régime avec ses conséquences fiscales et juridiques, un grain de bon sens m’a soufflé de tourner sept fois l’index sur ma souris avant de valider l’envoi de ma carte d’identité scannée. Bonne nouvelle : mon dossier reste sauvegardé et modifiable pendant 1 mois.

Mes prunelles myopes se sont figées à la lecture de cette présentation laconique sur le site officiel.

Forme juridique : Obligatoirement Entreprise Individuelle (EI) – (pas de capital minimal et responsabilité illimitée de l’exploitant)

Pourquoi diantre bondis-je ? J’incrimine la responsabilité illimitée. Je ne suis visiblement pas seule à en rester perplexe. Pas que mon domicile regorge de Renoir ni de diadèmes, mais tout de même.

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Sous couverture de héros-sans-emploi, Lagaffe entreprit une croisade inavouée : sinistrer le secteur des assurances.

Du moins peut-on protéger son patrimoine immobilier, paraît-il. Soit. Le Net faisant bien les choses, les notaires de France proposent une petite fiche sur le sujet. Néanmoins, je reste sur ma faim : comment, où, combien, ainsi que l’âge du capitaine. J’ai quand même généreusement offert 0.34€ à Paris Notaires Infos pour écouter une voix veloutée m’annoncer au terme d’un spitche  préformaté que le droit des sociétés n’est pas traité sur le serveur. Il reste donc à piocher dans l’annuaire pour lanciner un notaire débonnaire, voire organiser une consultation qui, je le crains, ne sera pas bénévole.

Une note rassurante. Dans le cadre de recherches sur les assurances en responsabilité de l’entreprise, plusieurs pros m’ont affirmé que rares sont les boulettes graves chez les traducteurs qualifiés – du moins dans l’hexagone.  D’autant qu’en termes de RCE, les risques sont faibles : les dangers nous guettent plutôt sur la RC après livraison. Les affaires de traductions erronées aux conséquences catastrophiques (plans de montage ou notice de médicaments) relèvent de l’anecdotique selon ces messieurs assureurs. Nous ne sommes tenus qu’à une obligation de moyens  selon un cahier des charges (dont : compétences) – sauf si quelqu’un commet la bêtise de s’engager sur des résultats… ou ment sur ses qualifications.

Cette parenthèse close, revenons à l’histoire d’entreprise : quelle forme pour mon activité ?

A vrai dire, mes préférences me portent vers le salariat ou du moins le travail en équipe. L’expérience auprès de mes aînés représente une denrée trop précieuse pour vouloir m’en priver. Toutefois, comme dans la vie, on n’a pas toujours ce qu’on veut (), il serait fort malavisé d’écarter la possibilité de l’aventure freelance. « Aventure » car le lot délectable de maints débutants réside dans la précarité dont témoignent les éternelles questions sur le lancement dans les forums spécialisés. Je m’interroge notamment sur les perspectives suivantes : puis-je exercer le métier de traducteur freelance via une EURL (ou EI, SASU, AE…), puis mettre ma société en veilleuse en cas d’emploi salarié, mais sans y renoncer  ? J’envisage le cas où soit le contrat me laisserait des loisirs pour arrondir le beurre de mes épinards, soit le patron me démissionnerait d’un commun accord. Juridiquement, fiscalement, socialement, est-ce possible, pensable, faisable, et comment ?

Une excellente solution se présente pour occuper mes journées : harceler les interlocuteurs de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Etant parigotte, c’est tout naturellement que les clics renvoient vers la CCI locale où les mal dégrossis dans mon genre piochent des informations précieuses, surtout de méthodologie. Fort heureusement, dans son extrême obligeance le site propose un formulaire de contact ainsi qu’un numéro (0,12€/min), avec en bonus un blog fort alléchant.

Autre ressource à exploiter : l’Agence pour la création d’entreprises  bien sûr ! On y trouve des fiches bien troussées, notamment sur le choix du statut. Le site grouille d’infos et de pistes, les sociétés de portage salarial me paraissant un champ d’investigation des plus appétissants. Je regrette cependant le manque de résultats clairs via la page « Qui peut m’aider ? », car un interlocuteur humain me serait fort secourable.

Cette moisson d’informations me semble suffisamment dense pour intéresser mes collègues (ou d’autres professions !) et se molester les canaux carpiens avant d’aller tarauder les interlocuteurs ad hoc. J’en guinche d’allégresse par anticipation.

7 commentaires pour Odyssée d’une traducteuse au régime – l’entrepreneuriat, volet 1

  1. Laurent dit :

    Personnellement, j’ai opté pour l’auto-entreprise, comme tu as du le voir sur mon blog. Pourquoi ? Parce que je ne fais pas assez de traductions pour être à l’Urssaf. Et pour le peu que je fais, j’ai pas envie d’en filer la moitié à une boite de portage.
    Alors, l’auto-entreprise oui, mais à condition que ce ne soit qu’un complément d’activité, et d’être bien conscient des différents risques et désavantages (pas ou peu de cotisations chomage et retraite, fameuse responsabilité).
    Ma combinaison idéale: la salariat + l’autoentreprise en complément. Faut être un peu no life pour bosser en dehors des horaires de bureau, mais bon, c’est notre président qui nous le demande…

  2. […] au premier billet dans lequel j’évoquais la responsabilité illimitée de l’entrepreneur individuel et […]

  3. TUSSY dit :

    Bonjour,
    Si c’est un jeu de mot, je ne le comprend pas.
    On ne dit pas TRADUCTEUSE, mais TRADUCTRICE…
    Pour le reste, article sympa.
    Edgar

  4. julien dit :

    L’auto entrepreneuriat d’Hervé Novelli est un projet qui va se développer et grandir avec ses 200 000 travailleurs indépendants. Reste à connaître le bilan de fin d’année. En prévision, le double du nombre de travailleurs: une perspective plutôt réjouissante.

  5. Avant l'Heure dit :

    Prendre une boite de portage en Angleterre, c’est donner seulement 10 % de charge seulement. Mais pas de sécu, pas de cotisation…

  6. transtextuel dit :

    …ni le sourire de la crémière.🙂

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