Client cherche son traducteur charmant : préludes éloquents

Je vous adresse mes compliments : si vous lisez ce billet, j’en conclus que vous possédez le bon sens de vous renseigner avant de conclure un partenariat et le bon goût de visiter ce blog fabuleux, parmi les 486.000 résultats Google produits avec « cherche traducteur ».

Quelle perte de temps d’éplucher les missions aux intitulés obscurs ! Les informations floues desservent autant l’offre que la demande. Ni chez les clients, ni chez les indépendants, l’ère des clones interchangeables n’est encore à l’ordre du jour – en matière de traduction du moins.

Il ne fait aucun mystère qu’une annonce limpide promet une réponse plus rapide, mieux ciblée, mieux adaptée aux exigences du texte. Un clin d’œil suffit aux prestataires pour trier les offres en fonction de leur disponibilité, de leurs compétences et de leurs attentes. Cette stratégie recèle un gain de temps et d’efficacité précieux : de quoi démarrer dans la sérénité un partenariat fructueux avec votre traducteur.

Il convient de s'exprimer clairement

La clarté des formulations préside à l'harmonie sociale.

Les chevronnés n’apprendront rien de ce billet. Je propose ci-après aux moins expérimentés quelques suggestions sur l’art de libeller une offre à l’adresse de traducteurs indépendants :

Dans l’intitulé :

– La combinaison recherchée : la langue-source (l’original) et la langue-cible (la langue de traduction). Exemple : Coréen vers Allemand.

– La spécialisation voulue le cas échéant : pharmacie, poésie, aviation…

Il suffira d’un regard aux lecteurs pour savoir s’ils sont concernés : Cherche traducteur Coréen > Allemand – Téléphonie ; ou encore Cherche relecteur Grec > Brésilien – Astronomie. Si votre document ne comporte aucun vocabulaire spécifique, indiquez succinctement le modèle auquel il correspond – voir point 4.

Dans le contenu de l’annonce, songez à formuler ces informations indispensables :

  1. Le nombre de mots à la centaine près. Ex : 12.500 mots. A défaut, le nombre approximatif de pages.

  2. L’échéance pour rendre le travail. Ex : le 30 avril 2050 à 20:00 GMT+1. Oui, en cas d’heure déterminée, le fuseau horaire est nécessaire… les expatriés sont nombreux dans la profession.

  3. Le tarif ou la fourchette de tarif que vous proposez. Ex : tant par mot. Ou : forfait de tant pour l’ensemble. Attention à la devise.

  4. Le support et/ou le format. S’agit-il d’un article de presse ? D’un blog personnel ? D’un site commercial ? D’une chanson ? D’un mode d’emploi ? D’une lettre ?

  5. Les contraintes de livraison. Comment le traducteur recevra-t-il votre commande ? Quels logiciels doit-il posséder et maîtriser ? Comment vous renverra-t-il la commande ? Doit-il disposer d’un fax, d’un accès internet,  d’un matériel précis (scanner…) ou encore d’un logiciel à spécifier ?

  6. La méthode de paiement. Il faut absolument tirer au clair cette question avant de conclure le contrat : paypal et assimilés, chèque, mandat cash, virement… Le nerf de la guerre ne saurait se traiter à la légère.

  7. Vos préférences éventuelles avec leur degré d’importance : maîtrise de tel programme informatique, parcours professionnel, expérience dans tel domaine, compétences accessoires diverses, centres d’intérêt… essentiel, préférable…

  8. N’omettez pas de décliner votre identité, votre région, vos coordonnées…🙂

Je vous invite enfin à consulter ce billet portant sur les relations entre clientèle et indépendant.

Ces démarches vous semblent-elles fastidieuses ? En vérité, je me dois de vous donner raison. Indubitablement.  J’ose une humble nuance :  je pense que consacrer une heure à se renseigner puis bien construire une annonce destinée à mes collègues préviendra maintes déconfitures, déconvenues et des pas mûres : ping-pong chronophage de questions-réponses entre traducteur et client ; absence de réactions pertinentes à l’offre, voire de réactions tout court ; traduction finale inadaptée aux attentes ; travail de qualité médiocre (ô joie, reprendre les démarches pour dénicher un autre traducteur !) ; malentendus discutablement cocasses concernant la livraison ou le règlement ; présidant à ces réjouissances, une merveilleuse ambiance d’exaspération, parfois réciproque. Suite à ces aventures, le truculent Capitaine Haddock lui-même s’ébrouerait de fierté à la vue de votre… heu… dynamisme mordant.

Clic pour visualiser l'original !

Je ne demande pas mieux qu’améliorer cet article à travers vos contributions publiques ou par mél (transtextuel at gmail point com) !

NB : la courtoisie élémentaire, si vous souhaitez mentionner ce billet, consiste à en indiquer l’auteur, à savoir Transtextuel, ainsi que le lien-source (ici). Mille grâces.

6 commentaires pour Client cherche son traducteur charmant : préludes éloquents

  1. Ilham dit :

    Merci. C’est interessant et agréable à lire.

  2. tempodir dit :

    chère traductrice,

    serait-ce une petite coquille que je vois là ?
    l’ère des clones interchangeables n’est encore à l’ordre du jour – en matière de traduction du moins.

    ==> n’est pas encore…

  3. Laurent dit :

    Dans les contraintes de livraison, je préciserais également le format du document à traduire (doc, xls, pdf… si c’est du pdf, ce n’est pas la même quantité ou facilité de travail).
    Et pour le paiement, il est également importer de préciser le délai: immédiat (ah, le rêve), 30, 60, 90 jours fin de mois…

  4. transtextuel dit :

    Merci Ilham de ce commentaire !

    Tempodir, je finis par me poser des questions, quelqu’un d’autre m’ayant formulé cette remarque. Ma phrase se construit ainsi : « Ni pour A, ni pour B, l’heure n’est encore venue de…« . Est-ce incorrect ou bien ma structure manque-t-elle de clarté ?

    Laurent, remarque terriblement pertinente !

  5. tempodir dit :

    En fait, la négation a une règle au niveau de l’orthographe, elle doit s’accompagner de mots clés, et se conjugue le plus souvent au participe passé.
    Parmi plein de liens sur la négation en orthographe, je te mets celui-ci :
    http://lewebpedagogique.com/blocagesenfrancais/tag/negation/

  6. […] Mise à jour avec le billet miroir :  “Client cherche son traducteur charmant : préludes éloquents“. […]

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