Traducteur, foisonneur

Quelques lignes rapides sur le coefficient de foisonnement (définition).

Une prof avait un jour reçu une commande de la part d’une dame novice en matière de traduction. L’affaire suit son cours jusqu’à la livraison. La cliente prend alors une bonne vieille règle et mesure l’article original puis la traduction et trouve la traduction plus longue! Il ne reste qu’un petit pas vite franchi pour imaginer que le pro exploite la méconnaissance des profanes… Le cas ne semble d’ailleurs pas si rare.

Sur erudit.org, une étude de Mme Cochrane : télécharger . Par ailleurs, le site présente d’autres documents sur ce sujet et plus largement en matière de traduction.

En bonus :

PRINCIPAUX COEFFICIENTS DE FOISONNEMENT
Depuis la langue d’origine vers le français :
Anglais + 20%
Allemand + 30%
Néerlandais + 20%
Italien – 10%
Espagnol – 10%
Portugais – 10%
Suédois + 30%
Danois + 30%
Norvégien + 30%
Japonais – 67%
Source

Concrètement, dans le métier, il arrive de rencontrer des contenus dont la mise en page ne tient pas compte de ce phénomène : documents *.ppt, bulles dans des livres ou encore fichiers de dialogues (sous-titres, jeu vidéo…). Cas rencontré dans les jeux vidéo : traduire depuis l’anglais un CLUF. Résultat prévisible, la fin est tronquée en français et le discours s’interrompt au beau milieu d’une phrase. Ici, modifier la présentation graphique de la VF – procédure lourde – s’impose. Impossible de finasser en matière de légalité. A contrario, quand il s’agit de traduire en 50 caractères maximum un descriptif d’objet dans le jeu, en altérer le nom pour que les textes s’y rapportant tiennent dans le cadre imposé relève de règles plus souples. Pour les joueurs, l’essentiel est la cohérence des dialogues relatifs à la quête… quitte à tordre quelque peu le cou à la fidélité.

Il ne reste qu’à se prendre au jeu de casse-tête dans la bonne humeur!

N’hésitez pas à partager vos expériences.

Mise à jour : je vous suggère de lire le débat concernant cet article sur le forum du Portail de la Traduction.

9 commentaires pour Traducteur, foisonneur

  1. Nico dit :

    Je suis surpris par le coefficient de foisonnement de l’anglais, que j’aurais cru négatif.

    Quand on compare deux textes, l’un en français, l’autre en anglais, le texte anglais est toujours plus court.

    Quelle est l’explication, docteur ?

  2. transtextuel dit :

    Bonsoir,

    Précisément (mais j’ai peut-être mal présenté) : le tableau se lit depuis la langue d’origine vers le français. Ca m’apprendra à écrire clairement, tiens.
    Le mystère n’en est pas vraiment un : les anglais utilisent plus volontiers des mots composés là où nous devons en employer plusieurs, ils sont plus économes en matière d’articles, sans parler de concepts qui en français n’existent pas avec exactitude et pour lesquels une précision s’impose.
    Petit exemple parlant : »discontinued products » : ce qui, selon le forum de wordreference donne lieu à tout un débat mais avec une constante : le français rallonge volontiers la sauce ! (ensuite, le contexte dicte la pertinence d’un terme)

  3. Laurent dit :

    C’est drôlement précis pour le japonais !

  4. transtextuel dit :

    Bonjour,

    N’est-ce pas?🙂
    Du reste, ces indications ne constituent jamais qu’une vague approximation en guise de repère (oh, combien j’aime que la langue ne soit pas une science exacte!). Ca peut surtout servir quand il s’agit d’expliquer le principe pour en anticiper les conséquences tangibles, qu’en dis-tu ?

  5. Laurent dit :

    Il se trouve que j’avais justement publié un article au sujet du foisonnement (là: http://njatb.blogspot.com/2009/01/des-mots-foison.html), il y a de ça quelques semaines. Pas toujours facile d’y voir clair.

  6. L.a dit :

    Bonjour,

    il faut bien pimenter le jeu🙂 C’est en partie pour cette souplesse que l’anglais est amusant. Mais ce doit être un casse-tête de traduire certains termes si éloquents dans leur langue d’origine. C’est étonnant pour le japonais, j’avais imaginé l’inverse.

  7. transtextuel dit :

    Bonjour,

    @ Laurent
    Le lien pour la définition renvoie justement à ton article.😉

    @ L.a.
    Ta remarque sur l’éloquence de la langue d’origine renvoie aux limites de la traduction.

  8. pap'chic dit :

    Pour un profane qui ne se rapelle quue « traditore=tradutore », l’article est intéressant

  9. Marcia dit :

    Le coefficient pour le japonais ainsi présenté n’a aucun sens.

    – Il faut tout de même préciser que le décompte en japonais correspond au nombre de signes, ce qui n’a pas grand chose à voir avec le nombre de mots.
    – Par ailleurs, le coefficient à appliquer varie énormément selon la densité en caractères sino-japonais dans le texte original.

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