Un zeste de savoir-lire

Quand un aspirant-traducteur me demande conseil, ma première réponse est : débride ta curiosité! Butine, papillonne, frotte-toi aux thèmes et aux styles qui t’amusent, laisse le plaisir de lecture te guider!

Un échantillon par une dame qui le dit mieux que moi :

« La bonne compréhension d’un texte et sa traduction dans une langue authentique dépendent pour partie de toute une somme de connaissances passives. Cette espèce d’acquis d’ensemble fera la différence entre une appréhension scolaire des deux langues en question et une familiarité instinctive avec celles-ci, obtenue souvent par la lecture, la conversation, le cinéma, etc. Il s’agit donc d’aiguiser sa curiosité pour le français, l’anglais et la culture des pays francophones et anglophones.

[…]

Nombreux sont les étudiants pleins de bonnes intentions qui s’attaquent à la lecture d’un roman de Dickens crayon en main pour abandonner au bout de dix pages parce qu’ils auront passé l’essentiel de leur temps à consulter le dictionnaire. Ce que nous recommandons, c’est une lecture d’agrément, moins ambitieuse apparemment mais beaucoup plus profitable au bout du compte, car elle permet d' »absorber » sans en avoir conscience une quantité de connaissances qu’aucun recueil de vocabulaire n’est à même de fournir ».
Isabelle Perrin, « L’anglais : comment traduire ? » – Hachette supérieur, coll Fondamentaux, Ch 2, I, A.

Cela bien entendu s’applique aussi à la langue maternelle. N’est-ce pas notre fonds de commerce, à nous autres traducteurs et traducteuses francophones? L’aisance dans notre propre idiome s’entretient en permanence.

Je ne peux m’empêcher de relire les conseils judicieux de Mme Perrin dans la perspective d’un autre auteur : Daniel Pennac. Dans Comme un roman, il fait part d’expériences de « remises en lecture » auprès de personnes qui ne lisaient pas, ou plus précisément qui n’osaient pas lire. Il y a même une chouette illustration que j’ai piquée sur ce blog.

10-droits-du-lecteur

Ce n’est pas comme s’il était difficile de trouver de quoi s’amuser – en fait, c’est la surabondance qui devient problématique. Presse écrite, blogs, forums, bouquins classiques ou en ligne, sites commerciaux, sites spécialisés. Dans ce fouillis, la gageure consiste plutôt à trouver des sources fiables.

Petit exercice pour s’entretenir les neurones : choisir un texte quelconque (enfin pas Dora chez le dentiste…) et le lire attentivement pour tester si, les yeux dans les feuilles, on est capable de définir sans trop se creuser chacun des mots, si on identifie clairement les allusions culturelles, si on repère les tournures idiomatiques et autres expressions et si on saurait en proposer une explication voire un équivalent. Ensuite, chercher à expliquer ce qu’on a lu, en triant les idées et en restaurant leur enchaînement logique. Je gage que vous aurez des surprises. Ce renouvellement constant des connaissances, cet appétit des mots constitue une dynamique des plus délectables pour les gourmets de la langue que nous sommes – ou devrions être.

Une petite gourmandise en guise de dessert :

(Non, je n’ai pas d’actions dans cette société)

Un commentaire pour Un zeste de savoir-lire

  1. […] naturelle, tremplin pour porter ensuite son apprentissage vers des contenus plus complexes. Pourquoi apprendre ne serait-il pas ludique […]

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