Congé de blog

20 novembre 2009

Chers tous,

Non sans plaisir et tressautements, j’ai reçu et lu vos messages par Twitter, Facebook, mél et bien entendu céans. J’en mène grand-joie et liesse !

Ma voracité bibliovore poursuit son cours – ou plutôt ses méandres imprévus – tout comme mes activités aveuglophiles, sans oublier les promenades dans le Massif Central de mes aïeux. Enfin, toujours gameuse assidue, je vous présente mon minois virtuel du moment :

Parmi les nouvelles pertinentes dans le cadre de ce blog, j’annonce avec délices que me voilà enfin répertoriée comme demandeur d’emploi auprès des ASSEDIC, selon les critères suivants : recherche poste de traduction à Paris en entreprise, y compris à temps partiel ou en CDD, moyennant des prétentions démesurées : le SMIC (en somme, mes exigences n’ont pas varié au fil des mois). Au cours de mon épopée chez le Pôle-emploi, dimension parallèle engloutissant les explorateurs téméraires sous un torrent de paperasses et de procédures minutieuses frisant la bouffonnerie, les aimables serviteurs de la glorieuse mère patrie auréolée de radiance m’ont, avec leur mansuétude proverbiale, prodigué l’information suivante : faute d’avoir suffisamment exercé en France, je ne saurais accéder aux indemnités.

Pour l’heure, je n’escompte plus m’activer sur Transtextuel. Cette aventure bloguesque m’a permis de découvrir des horizons neufs et des personnes fort agréables. Pas un instant, je ne regrette le temps que j’ai consacré à ces réjouissances de plume et de réseautage.

Verbeusement vôtre,

C.P., auteur de Transtextuel


Le bénévolat, don sans retour ?

22 août 2009

Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et dorment trop longtemps – J. Brel

L’association d’aide aux handicapés visuels à laquelle je participe est source de rencontres revigorantes. Chez ceux que je croise, les qualités semblent magnifiées et surpasser la ténacité des gens bien portants.

Récemment, j’ai accepté une mission consistant en l’accompagnement d’une ancienne de 99 ans. Bouffée de tendresse nostalgique au premier regard : elle ressemble à ma défunte grand-mère, dans son apparence, dans son attitude, dans ses formulations et jusqu’au rythme de sa voix. La conversation ressuscitait cent souvenirs charmants. Au terme d’une longue promenade émaillée de bavardages souriants,  nous sommes revenues chargées de victuailles. A cinq reprises au moins, ma compagne a évoqué ses scrupules à me voir porter ses courses, réclamant que je lui en cède une partie. Que répondre ?

… J’ai 30 ans et une femme presque centenaire éprouve de la gêne à me voir porter ses paquets pendant quelques minutes.

Ils ne le savent pas toujours, mes bénéficiaires en mission bénévole, mais si moi je les dépanne, en échange ils m’offrent un  trésor. Déterminés à défendre leur autonomie et leur dignité armés d’un sourire, ils me secouent. J’en émerge ragaillardie sur la force de ma propre volonté face aux tracas. Une goulée d’air frais – surtout quand ma partenaire m’inspire des souvenirs teintés d’affection…


La France, terre rêvée du bilinguisme

10 août 2009

Quand je lis que "75% des cadres français affirment pratiquer une langue étrangère voire plusieurs", je m’interroge sur  leur degré de maîtrise – à supposer qu’ils aient conscience de leurs lacunes. Quand je consulte le nombre de candidats arborant fièrement un niveau d’anglais "opérationnel", je demeure perplexe (quel équivalent dans le CECRL?). Chiches de passer un test international au débotté ? Quand je lis l’avalanche d’offres d’emploi réclamant des bilingues, je me prends à rêvasser d’examens pour jauger ce bilinguisme si banal en France. Partants pour une session improvisée de Cambridge Proficiency in English ?

Il faut croire que notre contrée regorge de personnes aptes à employer à la fois le français et l’anglais dans tous les raffinements, tous les styles du quotidien, toutes les nuances ; et, sans nul doute, les recruteurs savent à merveille apprécier la débrouillardise de leurs candidats…

Bilinguisme à la française ?

Bilinguisme à la française ?

Même pas bilingue malgré des conditions propices

J’aimais bien mon pote C. De parents hongrois, il vivait en Suède. Il absorbait les idiomes à une allure stupéfiante. En le voyant plonger avec délices dans des ouvrages magyars, je lui ai demandé s’il était bilingue. Il m’a répondu : non, j’ai suivi ma scolarité entière à Göteborg ; j’ai appris à manier le suédois dans tous les styles. Ma plume est assez agréable paraît-il. En revanche, je n’ai jamais exercé mon hongrois dans des situations sérieuses. Je me débrouille pour le comprendre et le lire mais je ne saurais pas l’utiliser dans des démarches administratives, professionnelles, commerciales, juridiques.

Bilingue : la réalité

Le bilinguisme réel signifie une aisance similaire dans l’une et l’autre langue, quel que soit le style, quelle que soit la situation – car il est impossible de traduire avec finesse sans connaissances culturelles. Le phénomène est très rare : l’écrasante majorité des humains cultive un idiome dominant, typiquement la langue maternelle.

Encore faut-il vérifier le degré de maîtrise dans la langue maternelle. L’Agence Nationale de Lutte contre l’Illettrisme relève : "9% des personnes âgées de 18 à 65 ans scolarisées en france sont en situation d’illettrisme". Lors de la JAPD, les dernières études mentionnent 20% de "lecteurs inefficaces". Et quant à moi, je doute que les non-illettrés sachent tous comprendre et analyser les textes complexes dans tous les genres possibles.

Degrés d’affinités linguistiques et culturelles

En français, la pratique développe des affinités permettant de décrypter les informations autour du texte brut. Analyser en quoi Jules Renard n’écrit pas du tout comme Albert Cohen, les attitudes et allusions implicites chez un interlocuteur,  les différences fondamentales entre un article du Monde et les ragots de Paris Match, comment s’adresser respectivement au syndic et à un collaborateur de travail. En une phrase  : les relations sociales subtiles et variées selon les situations exigent une sensibilité linguistique élevée.

En anglais et en italien, la même démarche préside : cultiver des affinités pour affiner la compréhension (lecture, écoute) et la production (écriture, parole). Shakespeare, avec toute l’estime que je lui dois, ne sera d’aucun secours dans les actes quotidiens. Habiter à l’étranger, comme le soulignent Céline Graciet puis Audrey sur NakedTranslations,  signifie : les contacts et les contrats concernant logement, banque, travail, démarches administratives, santé, choix de produits dans les commerces, instructions dans l’entreprise, bavardages professionnels ou amicaux, orientation et transports… toutes les négociations, transactions, conversations que nous menons naturellement dans notre environnement habituel.

Rareté des bilingues, y compris traducteurs

Pour sûr, je me débrouille en anglais et en italien et, je l’espère, en français surtout ; les fameux "bilingues" hexagonaux,  les anglicisants "opérationnels", les rédacteurs veillant à leur style en français et d’autres encore ne dédaignent pas mes services à l’occasion !  (notamment quand ils croient les obtenir gratis) Pour autant, je ne suis pas bilingue et parmi mes rencontres, même si les nuances ne passionnent pas les clients et les recruteurs, je n’ai guère rencontré de collègues m’affirmant, les yeux dans les yeux, qu’ils sont "bilingues".

D’une part à cause du nombre d’anglophones sur la planète : par la force des choses, chaque population décrit des réalités locales et cultive des expressions traditionnelles. D’autre part à cause de l’étendue des connaissances humaines : ouvrez un magazine sur l’automobile, l’informatique, les collectivités locales, la législation, les composants de l’alimentation, les figures de style ou n’importe quoi d’autre ; à perte de vue s’étale la richesse vertigineuse des mots sur l’hexagone – imaginez l’ajout de toutes les variantes régionales. Le patrimoine linguistique englobe les variations  les plus extrêmes.

L’expression "langue maternelle", malgré le mécontentement de la HALDE, recouvre un fait linguistique d’importance cruciale en traduction. Je n’ai pas une souplesse égale du français vers l’anglais, ni par le vocabulaire, ni par le style. Toujours, je doute :  mes tournures sont peut-être compréhensibles et grammaticalement correctes, mais correspondent-elles à la situation ?

La familiarité dans ma langue et, à un moindre degré, avec l’anglais et l’italien, me permet d’appréhender les nuances fines de la communication humaine, depuis le registre vulgaire jusqu’au plus précieux, l’ironie ou la solennité, le classique banal ou le cordial, sans négliger l’intuition devant des vocables relevant d’une spécialisation ou les allusions indirectes. La communication humaine, même restreinte à l’écrit, ne saurait se borner à des informations purement fonctionnelles.


Traduire sa profession en image

9 août 2009

Satisfaction du jour : enfin un avatar correct pour mon identité numérique. D’aucuns trouvent qu’il me correspond ; ces commentaires me réjouissent dans la mesure où cette photo représente ma main, mon bon vieux stylo plume et mon écriture !

Note : penser à pondre un billet sur la sensualité inégalable de l’écriture à la plume.

Mon logo actuel

Mon logo actuel

J’en profite pour renvoyer vers les judicieux conseils de Fadhila Brahimi sur le "Personal Branding [FR]" – à fouiller sans modération ! Sur une note souriante, les anglophones dotés d’humour peuvent consulter un billet résumant quelques points essentiels au moment de choisir l’image associée à leur nom sur Internet : "The power of a tiny picture (how to improve your social network brand)". Les lecteurs attentifs constateront que j’ai pris certaines libertés envers cet avis, puisque je représente ma paluche au lieu de mon auguste trogne.

N’hésitez pas à partager vos trouvailles sur l’identité numérique par l’image.

The power of a tiny picture (how to improve your social network brand)


Brises aveuglophiles

4 août 2009

Dans la ligne de ma catégorie "rien à voir", la dernière récolte suite à un bavardage avec Un nuage d’école (oui, elle parle français).

Technique déjà éprouvée mais en cours de développement : l’écholocation humaine. J’avais vu une amie repérer des objets statiques via une formation sur les sons. Ici, ce principe s’étend à des applications plus ambitieuses : Les hommes peuvent eux aussi voir avec les oreilles !

Les aveugles & malvoyants ne se sentent pas tous à l’aise avec le Braille, d’où les progrès des interfaces vocales. A présent, d’aucuns imaginent un "doigt lecteur" permettant de déchiffrer ce langage pour l’écouter. A ce stade, pas davantage qu’un concept – il serait plus rapide d’apprendre le Braille que d’attendre la mise sur le marché. Néanmoins, qui sait où mèneront ces initiatives à long terme ? Voir Lire le Braille en Bluetooth. Espérons une large gamme d’idiomes pour la synthèse vocale.

Enfin, c’est vieux, mais je ne crois pas l’avoir déjà mentionné céans : le dessin aux épices. J’imagine très bien quelles activités ludiques et quelle éducation de l’odorat peut générer cette idée pour amuser petits, grands, non-voyants, voyants, dans des jeux aromatiques !

Echolocation : les hommes peuvent eux aussi voir avec les oreilles !


Twitter veut du bien à votre anglais

2 août 2009

Bref échange sur Twitter : je lis les diffusions de BloggingTipsCom ; l’auteur a demandé à ses abonnés quel était l’aspect le plus difficile de l’activité blogueuse. Après avoir remercié collectivement ses correspondants de leurs réponses, il a concocté un billet pour les commenter à son aise. La politesse et la cordialité s’inscrivant dans la stratégie commerciale, à mon tour, je me suis empressée de manifester ma gratitude à l’auteur par Twitter.

Que croyez-vous qu’il répondit ? "You’re welcome" ? Ou encore le visqueux "my pleasure", le familier "np" pour "no problem", un consternant "that’s ok", voire un simple "yeah" ? Non, mon interlocuteur possède un tantinet plus de classe :

BT vers moi

Ici.

Réaction impeccable. La réplique idoine. Nous sommes deux personnes se connaissant peu, vaguement collègues par occasion, devisant sur le Net ; ni dans une soirée entre potes, ni dans une cérémonie protocolaire.

Je vous en rajoute une couche au passage sur les formules "thank you" et les réponses possibles. A tempérer toutefois selon les variables géographiques et culturelles – écueil inévitable au regard du nombre d’anglophones. Même si, en contexte informel, les maladresses ne prêtent guère à conséquence, la connaissance étendue et renouvelée chaque jour des codes sociaux permet d’appréhender les nuances de ces échanges. Si, par mél commercial d’entreprise à entreprise, mon interlocuteur me répondait "no sweat" ou, à l’inverse, une politesse exagérée, je risquerais fort d’en conclure qu’il se paie ma tête ! :)

J’en profite pour rebondir en insistant par ce billet sur une situation typique où s’illustre la variété des supports par lesquels s’imprégner d’une langue et en absorber les formulations usuelles. A titre personnel, les jeux vidéo en ligne participent à l’entretien de mon anglais – je consulte aussi des ressources plus sérieuses mais là n’est pas mon propos. En effet, le principe même de ces interfaces consiste à interagir avec les gens, lesquels bien souvent papotent en anglais sur les forums, les niouzlaiter, les blogs, le vocal ou le système de messagerie instantanée du jeu. A défaut de tournures élégantes, le lecteur digère un style de tous les jours ; par là même, il tisse une affinité naturelle, tremplin pour porter ensuite son apprentissage vers des contenus plus complexes. Pourquoi apprendre ne serait-il pas ludique ?

***

PS : mon Twitter se trouve sur http://twitter.com/Transtextuel


Vadrouillages estivaux et potins traductophiles

31 juillet 2009

Comme l’ignorent les abonnés de Transtextuel recevant uniquement la mise à jour des publications, je continue à peaufiner la rubrique "en vrac" à mes instants perdus. En outre, j’ai ouvert un onglet permanent d’invitation aux amoureux des langues. A propos d’invitation d’ailleurs, Ilaria m’a fait l’honneur d’héberger le portrait de ma boule de poils. Je ne résiste pas à la jubilation de vous régaler d’un autre félin de la maison, avec la dignité et la grâce propres à sa race.

On peut en douter, mais je vous assure que c'est bien un chat.

On peut en douter, mais je vous assure que c'est bien un chat.

Quelques nouvelles diversement fraîches côté réseautage et babillages :

Une aimable collègue esitienne me signale l’inauguration récente du blog des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel : ATAA.

Des classements inondent les gazouillis : Lexiophiles présente les 100 blogs linguistiques 2009 ici ;  le modérateur a récompensé les meilleurs blogs emploi et @css4design a entraîné un mini-buzz en publiant le Top 100+ des filles à suivre sur Twitter. Toujours pour évoquer l’emploi (oui, je poursuis mes recherches !), EspritRiche énonce ici quelques astuces à retenir dans le cadre des entretiens d’embauche.

Enfin, le crowdsourcing [définition] continue d’agiter le microcosme des traducteurs : la quête ô combien commune de prestations gratuites suscite un intérêt sans cesse renouvelé chez les particuliers et les professionnels, d’autant plus crispés que les donneurs d’ouvrage invoquent la crise pour réclamer des tarifs au rabais – certains métiers différents reçoivent aussi ces sollicitations répétées, à en croire les propos d’Isabelle.

blog des traducteurs-adaptateurs de l’audiovisuel

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